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Projet intégré d’amélioration durable de la sécurité alimentaire via l’autopromotion des populations dans les communes de Buhinyuza et Mwakiro

Lieu: burundi, Africa
Sustainable development of small rural communities Sustainable development of small rural communities
Budget total: € 4.400.000,00 | P�riode: De janvier 2008 à mars 2015

Résumé

Le projet PIADSA a pour objectif principal de contribuer de manière durable à l’amélioration  des conditions de vie de la population des communes de Mwakiro et Buhinyuza au Burundi. Il s’appuie sur la mise en œuvre du concept d’exploitation familiale intégrée continue et compétitive (EFICC) développé par l’organisation ADISCO (Appui au Développement Intégral et à la Solidarité sur les Collines) au Burundi. Le financement est assuré grâce à l’appui conjoint du Fonds Belge de Sécurité Alimentaire (FBSA) et de Caritas International Belgique. Il est mis en œuvre en partenariat avec le réseau de Caritas Burundi. Les bénéficiaires directs sont au nombre de 6.100 ménages (42.700 personnes) mais l’ensemble des habitants des collines sélectionnées profitent des retombées à travers certaines activités. Les résultats s’orientent autour de l’augmentation, la diversification et la valorisation de la production agro-sylvo-pastorale mais également de l’organisation des groupes paysans.

Partenaires

Caritas International - Belgique

Candidat guide

Aux quatre coins du monde, Caritas International sauve la vie et rend espoir aux victimes de conflits ou de catastrophes, en prêtant une attention particulière aux plus vulnérables d’entre eux, notamment les femmes et les plus pauvres. Caritas International va plus loin que la traditionnelle opération d’urgence. Après avoir délivré l’aide humanitaire urgente, elle poursuit son action à travers des projets de réhabilitation et de développement. Afin d’offrir aux victimes la chance de reconstruire une vie digne et de ne plus dépendre de l’aide humanitaire. En Belgique, Caritas International soutient les migrants en offrant une réponse humaine et individuelle à leur parcours migratoire.

Diocesan Organization for Mutual Aid and Complete Development at Muyinga - Burundi

Partenaire de l'initiative

L'Organisation a pour but de contribuer à la promotion du développement intégral de la population, et cela dans une optique chrétienne de promotion intégrale de tous, sans discrimination aucune entre les religions, les sexes, les personnes ou les communautés. Ses actions sont orientées principalement dans les secteurs de l’éducation et des services communautaires, de la construction des infrastructures de développement, de la promotion de la santé, de l’agriculture et de l’élevage, de la promotion des groupements coopératifs, de l’aide humanitaire et des axes transversaux dont le genre, l'environnement, justice et paix, hygiène et nutrition. L’ODEDIM est un membre du réseau Caritas Burundi. Pour cela elle partage, avec les autres membres du réseau, sa vision, sa mission et ses principes directeurs.

Caritas Burundi - Burundi

Partenaire de l'initiative

Caritas Burundi se veut forte et dynamique, capable de contribuer à l’avènement d’une société réconciliée où la dignité humaine est suprême, les droits de chacun respectés en particulier pour les plus pauvres, les plus vulnérables, les exclus et les opprimés de la société et travailler et continuer à plaider pour un environnement respecté. Grâce à sa présence sur le territoire depuis plus de 50 ans et avec ses 8 Caritas Diocésaines et les 146 Caritas paroissiales, elle réussit à mener des actions qui s’étendent jusqu’aux zones les plus reculées du pays. Au sein de ce réseau autonome, Caritas Burundi joue un rôle de coordination à travers le Secrétariat National, pour l’ensemble de ses partenaires privilégiés, dans l’optique de complémenter ses efforts et de consolider ses moyens.

L’exploitation familiale intégrée (EFI), un modèle au service du développement des populations paysannes au Burundi.

Le principe de l’exploitation familiale intégrée (EFI) se développe sur un ensemble de terres cultivables, de pâturages et de boisements de minimum 50 ares. Il utilise principalement la main d’œuvre familiale et occasionnellement de la main d’œuvre saisonnière. Il comprend une composante agricole, animale et sylvicole en complémentarité économique et écologique. L’intégration permet d’utiliser peu d’intrants externes. La production agricole et les revenus mensuels représentent la continuité alimentaire et économique, combinée à la continuité de la fertilité du sol. Les produits sont de qualités et possèdent des marchés garantis, à des prix intéressants autant pour le producteur que le consommateur. La mise en application de ce principe a également resserré les liens entre les habitants des collines valorisants les échanges d’expériences et le développement participatif notamment par la mise en place de relais communautaire.

EFI représentative none
Schéma d'une EFI none

Le Burundi est l’un des pays les plus pauvres au monde ; quatre personnes sur cinq vivent avec moins de 1,25$ par jour, et le pays arrive 178ème sur 187 pays dans l’indice de développement humain du PNUD. Le contexte politique instable ne favorise pas le redressement du pays et les investissements dans l’agriculture, qui reste le principal pilier de l’économie, quoiqu’en croissance, restent marginaux. La vulnérabilité des ménages ruraux reste forte, notamment en raison d’une population de plus en plus nombreuse, 90% vivant en milieu rural, sur des terres de plus en plus exiguës. Le paysan burundais dispose souvent de  0,5 ha en moyenne de terre cultivable pour faire face à l’ensemble des besoins de sa famille et ce sur des collines parfois abruptes. Chaque année, des millions de tonnes de terres arables sont lessivés et ce dans un pays où 58 % de la population souffre de malnutrition chronique. Le modèle EFI a dès lors toute sa place pour répondre aux défis du développement du Burundi.

Critères de vulnérabilité des ménages face à l’insécurité alimentaire 68.95% des ménages enquêtés (2013) sont en insécurité alimentaire
Paysage burundais Paysage collinaire typiquement rencontré au Burundi.
Travail manuel de la terre L’essentiel des activités agricoles est réalisé manuellement.

Le principal résultat obtenu est la réduction du niveau d’insécurité alimentaire dans la zone du projet grâce à l’introduction de variétés adaptées, de techniques innovantes, la mise en place de barrières antiérosives protégeant les bassins versants, l’apport de fumure organique (promotion du compostage et de chaînes de solidarité pour la promotion et la redynamisation de l’élevage en semi-stabulation), l’introduction de micro-boisement et de verger familiaux… L’ensemble de ces éléments qui ne peuvent être dissociés ont contribué à l’augmentation de la production et des rendements agricoles permettant ainsi d’assurer un revenu plus régulier aux ménages et répondre à  l’ensemble de leurs besoins. Le travail de renforcement des capacités réalisé avec les organisations de producteurs a quant à lui permis de développer des services opérationnels et de qualité (conservation, transformation) tout en favorisant la participation des bénéficiaires à leur bon fonctionnement.

Chaine de solidarité La vache récompense la mise en pratique des composantes de l’EFI
Le fruit du travail Maman Christine est fière de montrer le fruit de son travail(culture noyau)
Récolte du maïs La production des ménages est en nette augmentation

Le groupe cible final de Caritas International est, dans les projets de sécurité alimentaire, plus particulièrement les petits paysans pauvres mais susceptibles d’assurer leur sécurité alimentaire à condition d’intervenir dans leurs processus de production agricole. Un second groupe est constitué des organisations de producteurs auprès desquels l’intervention en renforcement des capacités doit leur permettre d’assurer des services de qualité et une autonomie de gestion participative. Un dernier groupe cible est constitué des groupes vulnérables ou marginalisés en zone rurale auprès desquels il est nécessaire de redonner une place dans la communauté notamment au travers d’activités génératrices de revenus ou la constitution de groupe d’épargne solidaire. 

Maman Marthe Le fruit de son travail lui permet d'envoyer ses petits-enfants à l'école
Papa Antoine et sa femme Fierté de montrer le résultat des conseils prodigués
Papa Gérard et sa famille Papa Gérard et sa famille dans leur culture noyau (bananiers)

La mise en œuvre du PIADSA repose sur une équipe pluridisciplinaire et complémentaire, préalablement formée à la philosophie et à l’approche innovante de cette action et régulièrement recyclée sur tous les thèmes abordés par le projet. Une attention particulière a été apportée au recrutement et au suivi de cette équipe sur laquelle repose la réussite de l’action, ceci d’autant plus que son travail consiste en grande partie à accompagner les bénéficiaires via le transfert de connaissances, le renforcement de compétences et de capacités, ou encore la promotion de changements de comportements (notamment vis-à-vis de l’environnement, du genre, de habitudes alimentaires…), pour ainsi leur permettre d’être les moteurs de leur propre développement. L’importance de ces ressources humaines explique la part importante du budget qui leur est réservée (30%).

Equipe du projet avec des parlementaires belges A l'occasion de la visite du groupe parlementaire FBSA (nov2013)
Organigramme de l'équipe du PIADSA none
Un animateur dans son élément Conseils pour le repiquage et l’entretien des rejets de bananier

La principale difficulté est liée à la continuité du financement. Le processus d’apprentissage des connaissances et de la mise en pratique des acquis demande du temps. L’exploitation familiale intégrée est, en effet, pleinement opérationnelle après, en moyenne, cinq années avec des bénéficiaires ayant gardé la motivation nécessaire pour surmonter les obstacles éventuels. Tout au long du processus, une présence régulière d’une équipe pluridisciplinaire et complémentaire est requise pour encadrer les paysans et les aider à tracer leur propre route (autopromotion). Le Fonds Belge de Sécurité Alimentaire (http://diplomatie.belgium.be/fr/politique/cooperation_au_developpement/partenariats/programmes_humanitaires_et_securite_alimentaire/fonds_belge_securite_alimentaire/) et Caritas international ont permis de mener à bien ce projet et à assurer cette continuité. Elle est indispensable à l’obtention de résultats significatifs.

La mise en place d’une exploitation familiale intégrée (EFI) a un impact bénéfique sur l’environnement de même que sur la sécurité alimentaire des personnes qui y vivent. Les barrières antiérosives maintiennent les terres qui s’enrichissent grâce aux apports organiques (compost et bétail). La présence d’arbres et d’un couvert permanent favorisent la perméabilité et la fertilité des sols, la diversité de la flore et de la faune. Le paysan développe une agriculture avec peu ou sans apports extérieurs. L’exploitation est en harmonie avec son environnement. 

L'habitation se confond dans le paysage L’exploitation familiale est parfaitement intégrée dans son environnement
Une terre riche en nutriments Une terre amendée naturellement renferme une richesse pour l'environnement

Le concept d’exploitation familiale intégrée (EFI) est parfaitement transposable dans d’autres régions ou pays mais demande néanmoins de répondre à certaines conditions. Il est notamment préférable de se trouver dans une situation d’habitat dispersé où les paysans vivent sur leurs terres comme il est indispensable d’avoir un accès de longue durée à la terre, sous forme de propriété ou de location à long terme, afin de mettre pleinement en pratique la méthodologie.  De nombreuses visites et partages de connaissances sont réalisés par l’équipe du PIADSA. Elles permettent de diffuser les réussites du projet, de les confronter aux méthodologies des autres acteurs de développement et ainsi l’enrichir. Un nouveau programme (PADDAM) lancé en 2013 reprenant l’approche EFI se déroule actuellement dans la province limitrophe du Moso. D'autres initiatives ont été lancées au Niger et en RDCongo.

../file-system/small/pdf ../file-system/small/pdf Brochure CI.be au Burundi none

ADISCO, à la base du concept d’exploitation familiale intégrée (EFI), a fait paraître, en 2013, un magazine hors-série sur l’agriculture familiale en lien avec le développement du Burundi ; magazine  reprenant les clefs de la réussite du concept. De son côté, Caritas a développé un fascicule à l’usage des animateurs, encadreurs et autres vulgarisateurs agricoles afin de favoriser la diffusion de la méthodologie au Burundi.  'Move with Africa', en collaboration avec le journal 'La libre Belgique' permet de sensibiliser les jeunes à la coopération au développement. 10 élèves de de l'Institut Notre-Dame d'Arlon ont pu, grâce à ce projet, partager la vie des bénéficiaires du PIADSA pendant une semaine en mars 2014 (http://www.caritas-int.be/fr/news/move-africa-la-decouverte-des-projets-caritas-au-burundi)

../file-system/small/pdf ../file-system/small/pdf Adisco Hors série 2013 none